Liste Top 5>Soins à domicile (2026)

Soins à domicile

 

La Société scientifique Soins à domicile faisant partie de l’Association suisse pour les sciences infirmières (APSI) fait les cinq recommandations suivantes:

 

1. Renoncez à prendre entièrement en charge une intervention de soins lorsque les forces et les compétences des personnes concernées leur permettent de participer activement.

 

Dans les situations stressantes et en cas de manque de personnel, il peut arriver que ’l’on néglige d’instruire et d’habiliter les client·e·s. La prise en charge des soins infirmiers – parce que ’c’est plus rapide – conduit les personnes concernées à perdre des capacités importantes, leur motivation et leurs connaissances, et à négliger les mouvements routiniers nécessaires à leurs soins individuels. Cela peut nuire à l’autonomie des client·e·s et conduire à une prise en charge excessive et à une plus grande dépendance.

Les soins professionnels à domicile doivent toujours impliquer les client·e·s et leurs proches de manière ciblée, holistique et centrée sur la personne, et les encourager à utiliser leurs ressources et leurs compétences existantes. Plus les personnes concernées et leurs proches acquièrent de l’expérience et de l’expertise dans la gestion de la maladie et de ses effets, plus leur efficacité personnelle et leur pouvoir d’agir sont renforcés. Une culture des soins avec une attitude de base appropriée doit toujours être respectée à tous les niveaux de compétences et d’échelon hiérarchique.

 

  • AGS American Geriatrics Society Expert Panel on Person‐Centered Care (2016). Person-Centered Care: A Definition and Essential Elements. In American Geriatrics Society, 64(1), 15–8.
  • Office fédéral de santé publique (OFSP) (2024). Soutien à l’autogestion lors de maladies non transmissibles, d’addictions et de maladies psychiques.
  • CURAVIVA Schweiz (2021). Themenheft: Würde und Autonomie im Alter. In CURAVIVA Schweiz (Hrsg.). Fachbereich Menschen im Alter / Expertenmeinung. https://www.curaviva.ch
  • Den Ouden, M., Kuk, N. O., Zwakhalen, S. M. G. et al. (2017). The role of nursing staff in the activities of daily living of nursing home residents. Geriatric Nursing, 38, 225–230.
  • Metzelthin, S. F., Zijlstra, G. A. R., Van Rossum, E. et al. (2017). Doing with …’ rather than ‘doing for …’ older adults: rationale and content of the ‘Stay Active at Home’ programme. Clinical Rehabilitation, 31(11), 1419–1430.
  • Nordgren, S., Fridlund, B. (2001). Patients’ perceptions of self-determination as expressed in the context of care. Journal of Advanced Nursing 2001, 35(1), 117-125.
  • Tessier, A., Beaulieu, M. D., McGinn, C. A. et al. (2016). Effectiveness of reablement: A systematic review. Healthcare Policy, 11, 49–59.

2. Évaluez l’expérience ainsi que les besoins des familles en matière de soutien et de conseil, puis déduisez-en des mesures ciblées.

 

Les proches aidant·e·s apportent une contribution indispensable au système de santé. Lorsqu’un membre de la famille tombe malade, c’est toute la famille qui est touchée. Les résultats d’une enquête menée auprès de la population suisse montrent que les proches aidant·e·s considèrent leur rôle comme précieux, même si les contraintes physiques, psychiques, sociales et financières peuvent être importantes. Les proches aidant·e·s courent un risque accru de souffrir eux-mêmes de problèmes de santé. Un échange régulier sur les situations de soins et d’accompagnement entre le personnel d’Aide et soins à domicile et les proches n’a pas toujours lieu. Afin d’identifier les contraintes à un stade précoce, des outils d’évaluation peuvent être utilisés de manière ciblée et accompagnés par des professionnel·le·s. Dans le domaine des soins à domicile, nous accompagnons les familles sur une longue période et avons donc la possibilité de les connaître, d’apprécier leurs prestations et de rechercher avec elles des solutions dans des situations difficiles. Concrètement, nous savons qu’elles souhaitent des entretiens avec des professionnel·le·s d’égal à égal, une aide dans les situations d’urgence, des services de transport, une aide pour les questions financières et d’assurance, ainsi que des moments de repos.

 

  • Bachmann, N. (2019). Soziale Ressourcen – Förderung sozialer Ressourcen als wichtiger Beitrag für die psychische Gesundheit und eine hohe Lebensqualität. http://www.gesundheitsfoerderung.ch/publikationen
  • Office fédéral de la santé publique (OFSP) (éd.) (2020). Rapport de synthèse du programme de promotion «Offres visant à décharger les proches aidants 2017-2020». https://www.bag.admin.ch/fr/programme-de-promotion-offres-visant-a-decharger-les-proches-aidants-2017-2020
  • Fringer, A., Benedetti, F. D. & Hechinger, M. (2020). Sammlung von Selbstassessmentinstrumenten für betreuende Angehörige. Kurzfassung zum gleichnamigen Ergebnisbericht im Rahmen des Förderprogramms «Entlastungsangebote für betreuende Angehörige 2017–2020». Im Auftrag des Bundesamts für Gesundheit (BAG).
  • Kessler, C. (2019). Förderung der psychischen Gesundheit von betreuenden Angehörigen älterer Menschen. Eine Orientierungshilfe für die Gesundheitsförderung im Alter. http://www.gesundheitsfoerderung.ch/publikationen
  • Martins, T., Möckli, N., Zúñiga, F. et al. (2023). SPOTnat – Spitex Koordination und Qualität – eine nationale Studie. Nationaler Bericht. Universität Basel. https://doi.org/10.5281/zenodo.7843008
  • Otto, U., Leu, A., Bischofberger, I., Gerlich, R., Riguzzi, M., Jans, C. & Golder, L. (2019). Bedürfnisse und Bedarf von betreuenden Angehörigen nach Unterstützung und Entlastung – eine Bevölkerungsbefragung. Schlussbericht des Forschungsmandats G01a des Förderprogramms «Entlastungsangebote für betreuende Angehörige 2017–2020». Im Auftrag des Bundesamts für Gesundheit (BAG).
  • Ris, I., Volken, T., Schnepp, W. & Mahrer-Imhof, R. (2022). Exploring Factors Associated With Family Caregivers’ Preparedness to Care for an Older Family Member Together With Home Care Nurses: An Analysis in a Swiss Urban Area. Journal of primary care & community health, 13. https://doi.org/10.1177/21501319221103961
  • Wright, L. M., Leahey, M., Shajani, Z. & Snell, D. (2021). Familienzentrierte Pflege: Lehrbuch für Familien-Assessment und Interventionen. Hogrefe Verlag.

3. Prenez au sérieux les signes de violence domestique et agissez en conséquence.

 

En 2023, la police suisse a enregistré plus de 19 900 cas de violence domestique, mais cela ne reflète qu’une fraction des incidents réels. Seules 10 à 22 % des personnes concernées s’adressent à la police, ce qui indique un nombre considérable de cas non signalés. La violence domestique inclut toutes les formes de violence physique, sexuelle, psychologique ou économique qui se déroule au sein ou en dehors de la famille ou du foyer, indépendamment de la situation de logement actuelle des personnes concernées. Cette définition tient compte du fait que la violence domestique peut survenir dans différentes configurations relationnelles et que les personnes peuvent en être victimes indépendamment de leur sexe.

Les risques liés à la violence domestique sont considérables et le risque de mortalité des personnes concernées, le plus souvent des femmes, est accru. Les conséquences sont très variées, mais il convient de souligner les troubles anxieux, la dépression, les tendances suicidaires et le stress. Les déclencheurs de la violence peuvent être situationnels (par exemple, des stratégies inadéquates pour gérer le stress) ou systématiques (par exemple l’instrumentalisation). Afin que les collaboratrices et collaborateurs des services d’aide et de soins à domicile puissent reconnaître les signes de violence domestique et y faire face activement, une sensibilisation régulière est nécessaire par le biais de formations continues et de discussions de cas, qui traitent entre autres du droit et de l’obligation de signalement. En cas de suspicion de violence domestique, il est essentiel de prendre en compte les besoins personnels et le stress vécu par les personnes concernées. Une approche centrée sur la personne et la famille est privilégiée. Les collaboratrices et collaborateurs des services d’aide et de soins à domicile doivent s’adresser aux autorités et aux services spécialisés (il est possible de le faire de manière anonyme) afin de discuter de la suite de la procédure et d’élaborer des mesures possibles. Cet échange permet en outre de réfléchir à ses propres actions et constitue un regard extérieur important.

 

4. Ne détournez pas le regard face à la solitude ou à l’isolement social

 

La solitude est un sentiment subjectif où les relations sociales propres ne répondent pas aux besoins personnels en matière de lien émotionnel et de contact et sont perçues comme insuffisantes. En revanche, l’isolement social est une restriction objective des contacts sociaux. L’isolement social peut, mais ne doit pas, conduire à la solitude. D’autres facteurs de risque sont le grand âge, des limitations de mobilité, une déficience visuelle et auditive, des troubles psychiques, la démence et un désavantage socio-économique. La solitude entraîne des effets sanitaires comparables à ceux du tabagisme et du surpoids, et peut conduire à la maladie et à une espérance de vie réduite. Le personnel d’Aide et soins à domicile peut repérer et aborder les signes de solitude ou d’isolement social chez les client·e·s. Des questions ouvertes permettent d’évaluer la souffrance et les facteurs qui contribuent à la solitude ou à l’isolement social. Le sentiment de solitude est façonné par l’expérience de vie. Il est donc important de faire preuve d’appréciation et d’intérêt pour la personne.

Les professionnel·le·s peuvent apporter une contribution importante à l’atténuation de la solitude ou de l’isolement, d’une part par des interventions régulières et fiables. Mais aussi en facilitant, par exemple, les informations et l’accès à des offres du réseau communautaire axées sur les besoins. Cela comprend notamment des services de visite et d’accompagnement, des activités sociales, l’utilisation d’aides adaptées telles que des aides auditives, ainsi que l’organisation de possibilités de transport. Les professionnel·le·s peuvent également favoriser le contact avec d’autres personnes en soutenant l’utilisation d’aides électroniques et numériques à la communication. Pour atténuer la solitude ou l’isolement, les mesures doivent être adaptées aux préférences individuelles et renforcer l’auto-initiative et l’efficacité personnelle.

 

  • Galvez-Hernandez, P., González-de Paz, L. & Muntaner, C. (2022). Primary care-based interventions addressing social isolation and loneliness in older people: a scoping review. BMJ open, 12(2). https://doi.org/10.1136/bmjopen-2021-057729
  • Goldbach, R. (2020). Einsamkeit im Alter. Chancen und Grenzen der Betreuung von alten Menschen. NOVAcura 9/20, 41–43. Hogrefe Verlag.
  • Krieger, T. & Seewer, N. (2022). Einsamkeit. Hogrefe Verlag.
  • Schaaf, S. (2023). Zusammenfassende Dokumentation zur Literaturanalyse «Einsamkeit im Alter». Im Auftrag der Age-Stiftung und von PHS Public Health Services. Schweizer Institut für Sucht- und Gesundheitsforschung ISGF, PHS Public Health Services, Age-Stiftung.
  • Shukla, A., Harper, M., Pedersen, E., Goman, A., Suen, J. J., Price, C., Applebaum, J., Hoyer, M., Lin, F. R. & Reed, N. S. (2020). Hearing Loss, Loneliness, and Social Isolation: A Systematic Review. Otolaryngology-Head and Neck Surgery, 162(5), 622–633.

 

5. Pas d’admissions stationnaires pour les personnes atteintes de maladies chroniques et multiples ainsi que pour les personnes fragiles sans avoir discuté l’objectif et la démarche avec les parties prenantes

 

Les personnes atteintes de maladies chroniques et multiples ainsi que les personnes fragiles ont des séjours plus longs à l’hôpital, de moins bons résultats cognitifs et fonctionnels, un risque plus élevé d’entrée en établissement ou de nouvelle hospitalisation, ou de décès. Une planification prospective et la saisie précoce de la volonté, disponibles pour l’ensemble de l’équipe de traitement, améliorent les soins ainsi que la satisfaction des patient·e·s et de leurs proches. Pour pouvoir prendre des décisions éclairées, les personnes concernées ont besoin d’informations sur les options de traitement etd’accompagnement possibles. La collecte précoce des symptômes et l’intégration des besoins physiques, psychosociaux et spirituels aident les patient·e·s et leurs proches à mieux faire face aux changements liés à leur maladie.

Une collaboration intégrée entre tous et toutes les professionnel·le·s impliqué·e·s dans le domaine de la santé et du social, et une documentation homogène constituent des éléments-clés d’une communication réussie interdomaines. Plus la continuité dans la relation entre les professionnel·le·s et les personnes concernées, la gestion et l’échange d’informations est élevée, meilleure est la qualité des soins de santé. Le travail systémique familial renforce également le sentiment de sécurité des personnes impliquées.

 

  • Dietschi, I. (2018). Personnes très âgées et polymorbides. Exemples de cas typiques tirés de la pratique gériatrique. Une mesure pour promouvoir les soins coordonné (Soins coordonnés).
  • https://www.bag.admin.ch/fr/soins-coordonnes-personnes-agees-polymorbides
  • Donelan, K., Chang, Y., Berrett-Abebe, J., Spetz, J., Auerbach, D. I., Norman, L. & Buerhaus, P. I. (2019). Care Management For Older Adults: The Roles Of Nurses, Social Workers, And Physicians. Health Affairs (Project Hope), 38(6), 941–949. https://doi.org/10.1377/hlthaff.2019.00030
  • Haggerty, J. L., Reid, R. J., Freeman, G. K., Starfield, B. H., Adair, C. E. & McKendry, R. (2003). Continuity of care: A multidisciplinary review. BMJ, 327, 1219–1221.
  • Ljungholm, L., Edin-Liljegren, A., Ekstedt, M. & Klinga, C. (2022). What is needed for continuity of care and how can we achieve it? – Perceptions among multiprofessionals on the chronic care trajectory. BMC Health Services Research, 22(1), 686. https://doi.org/10.1186/s12913-022-08023-0
  • Milberg, A., Liljeroos, M., Wåhlberg, R. & Krevers, B. (2020). Sense of support within the family: A cross-sectional study of family members in palliative home care. BMC Palliative Care, 19(1), 120. https://doi.org/10.1186/s12904-020-00623-z
  • Østergaard, B., Mahrer-Imhof, R., Wagner, L., Barington, T., Videbæk, L. & Lauridsen, J. (2018). Effect of family nursing therapeutic conversations on health-related quality of life, self-care and depression among outpatients with heart failure: A randomized multi-centre trial. Patient Education and Counseling, 101(8), 1385–1393. https://doi.org/10.1016/j.pec.2018.03.006
  • Renfro, C. P., Ferreri, S., Barber, T. G. & Foley, S. (2018). Development of a communication strategy to increase interprofessional collaboration in the outpatient setting. Pharmacy, 6(1), 4.
  • Académie Suisse des Sciences Médicales, Commission nationale d’éthique dans le domaine de la médecine humaine (2020). L’autonomie en médecine: 7 thèses. Swiss Academies Communications 15 (11). https://zenodo.org/records/4030432
  • Sellors, C., Sellors, J., Levine, M., Chan, D., Dolovich, L. & Howard, M. (2004). Computer Networking to Enhance Pharmacist-Physician Communication: A Pilot Demonstration Project in Community Settings. Canadian Pharmacists Journal / Revue des pharmaciens du Canada, 137(8), 26–30. https://doi.org/10.1177/171516350413700805
  • Thiam, Y., Allaire, J.-F., Morin, P., Hyppolite, S.-R., Doré, C., Zomahoun, H. T. V. & Garon, S. (2021). A Conceptual Framework for Integrated Community Care. International Journal of Integrated Care, 21(1), 5. https://doi.org/10.5334/ijic.5555

 

Association suisse pour les sciences infirmières 

 

https://www.vfp-apsi.ch/ 

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Document pour patients et patientes